À l’initiative de la Société Informatique de France (SIF), plusieurs sociétés savantes et professionnelles ont écrit au ministère à propos des arrêtés sur le doctorat en préparation, se félicitant des évolutions récentes.

Une première version du projet d’arrêté a donné lieu à une réaction commune des mêmes sociétés en juillet 2015. Elle soulignait que, véritable aventure visant à faire avancer la connaissance, le doctorat n’est pas un diplôme comme les autres. Alors que le projet d’arrêté laissait entrevoir un doctorat au rabais, le communiqué soulignait la spécificité du doctorat, diplôme universitaire de très haut niveau, sanctionnant une formation à la recherche par la recherche, matérialisée par une thèse écrite et une soutenance orale, et évaluée par un jury d’experts scientifiques de niveau international.

À la satisfaction des sociétés signataires, la version en cours de concertation reprend cet esprit. Elle améliore en outre les conditions du doctorant, en autorisant une période de césure volontaire, non comptée dans la durée de la thèse, et en assouplissant les conditions de congé de longue durée (pour maladie, etc.) et de renouvellement d’inscription (jusqu’à cinq ans). Le déroulement d’une thèse financée est mieux encadré, mais, étonnamment, pas celui d’une thèse non financée.

Les signataires marquent leur satisfaction à voir que les principaux points qui leur tenaient à cœur ont été pris en considération. Il s’agit de : la SIF et Specif-Campus (informatique), la SMAI, la SFdS, la SMF (mathématiques), la SFP, la SFO (physique) et la SCF(chimie).

Voici le texte complet de la lettre au ministère :


Madame Prieur,

Nous avons lu avec beaucoup d’intérêt la nouvelle version du projet d’arrêté « fixant le cadre national de la formation et les modalités conduisant à la délivrance du diplôme national de doctorat », que vous nous avez transmise, ce dont nous vous remercions.

En tant que sociétés savantes scientifiques, nous sommes très attachés à la nature spécifique du doctorat : un diplôme universitaire de très haut niveau, sanctionnant une formation à la recherche par la recherche, matérialisée par une thèse écrite et une soutenance orale, et évaluée par un jury d’experts scientifiques de niveau international. Dans notre communiqué commun de juillet 2015, nous réclamions expressément que cette nature spécifique soit préservée. Le nouveau texte reprend cet esprit, en définissant des modalités précises et convenables pour l’attribution du doctorat, valables aussi bien en formation initiale qu’en formation tout au long de la vie. Nous nous réjouissons de cette évolution.

De même, nous apprécions la souplesse introduite dans ce nouveau texte, aussi bien pour la durée de thèse (avec dérogation possible) que pour la possibilité de césure (maximale de un an) et pour le suivi du doctorant (plus léger).

Certains points posent question :

  • Seul l’article 19 fait référence, et encore indirectement, au mémoire de thèse. Nous pensons que cela doit être précisé. C’est pourquoi nous proposons de rédiger ainsi l’article 17 : « Les travaux du candidat, présentés sous forme d’un mémoire de thèse, sont préalablement examinés… ».
  • Les thèses financées font l’objet d’un encadrement (durée maximale, intervention du comité de suivi pour le renouvellement, etc.), mais ce n’est pas le cas des thèses non financées. Certes, les pratiques varient entre disciplines, mais cette différence de traitement nous paraît trop extrême.

Nous savons par ailleurs que divers collèges doctoraux vous feront parvenir leurs remarques sur cette nouvelle version, notamment sur le fonctionnement des écoles doctorales. Pour notre part, nous tenons à exprimer notre satisfaction à voir que les principaux points qui nous tenaient à cœur ont été pris en considération dans ce nouveau texte.

Bien cordialement,