Société Française de Physique, Société Française d'Optique et Société Chimique de France

Mars 2015

Actionnaires des Editions EDP Sciences, seul éditeur scientifique académique français, la Société Française de Physique, la Société Chimique de France et la Société Française d'Optique, sociétés savantes, sont très vigilantes à tout ce qui touche l’enjeu et l’avenir des publications scientifiques, parties intégrantes du travail de chercheur et d’enseignant-chercheur.

C'est pourquoi nous insistons pour que l’évaluation soit nécessaire et faite par les pairs selon une méthodologie et des critères travaillés par toutes les parties (tutelles, évalués, financeurs...), en adéquation avec les pratiques internationales et menée de manière indépendante, transparente en pourchassant les conflits d'intérêt. L'approche qualitative multicritères, apparait comme la mieux adaptée et la mieux acceptée. Impossible à quantifier, le jugement de l’excellence est formulé par les pairs réunis dans des structures transparentes et collectives, au terme de débats et d’échanges ouverts.

Or un nouvel "indice innovant" défini par Nature publishing group cherche à quantifier l’excellence scientifique en utilisant une pseudo approche "scientométrique" à partir d’une pré-sélection de revues dans une démarche qui manque totalement de transparence :
- l’éthique à laquelle est très attachée la communauté scientifique est éloignée des objectifs de l’éditeur qui comprend l’édition scientifique essentiellement en termes d’activité marchande alors que pour les scientifiques c’est un vecteur de connaissance ;
- définir l’excellence à partir d'un indice qui semble favoriser les publications dans des journaux à haut facteur d’impact, est totalement vaine et ne peut se prétendre une démarche ni sérieuse ni robuste. Vouloir imposer des journaux scientifiques dans une démarche "top-down" alors que l’excellence scientifique est le fait de la reconnaissance par ses pairs dans une logique "bottom-up" montre que Nature publishing group cherche à protéger ses parts de marché en imposant ce soi-disant indice innovant.
Rappelons que la bibliométrie peut s’avérer très utile dans le processus d’innovation scientifique, mais a posteriori pour éventuellement déceler une anomalie. Les indices peuvent également nous aider à détecter des talents mais ils ne restent que des indices : la note et le classement sont par trop réducteurs, voire infantilisants. De plus, il est bien connu que ces indices contiennent des biais et qu’ils sont toujours favorables à leurs créateurs : ils ne sont donc en aucun cas un substitut à l'évaluation.
Prendre conscience du mauvais usage de la bibliométrie doit inciter chacun de nous à prendre le contrepied d’une spirale purement mercantile qui s’autoproclame légitime pour définir une quantification de l’excellence. La pré-sélection de journaux qualifiant l'excellence scientifique est néfaste à l'émergence de nouveaux talents.

Les SFP, SCF, SFO invitent toutes nos communautés scientifiques, tous nos laboratoires et toutes instances d’évaluation nationales, européennes, internationales à ne pas tomber dans l’addiction à un nouvel indice, préparé par Nature publishing group pour son seul bénéfice.

 

Communiqué officiel