La Société française de Physique est heureuse de décerner le prix Aimé Cotton 2016 à Olivier ARCIZET (Institut Néel, Grenoble) pour l’ensemble de ses travaux expérimentaux sur l’optomécanique et la nano-optomécanique quantiques.

 

Olivier Arcizet est depuis fin 2009 chargé de Recherche CNRS à l’Institut Néel à Grenoble dans l’équipe Nano-Optique et Forces, où il pilote des recherches particulièrement audacieuses, à dominante expérimentale, sur des systèmes hybrides couplant un nano-oscillateur mécanique à un système quantique pour la création et le contrôle d’états mécaniques non classiques à faible nombre de phonons. Sous la direction d’Antoine Heidmann au Laboratoire Kastler Brossel, son doctorat, soutenu en décembre 2006, a porté sur la mesure optique ultrasensible et le refroidissement par pression de radiation d'un micro-miroir. Il a ensuite effectué trois années postdoctorales au Max Planck Institut für Quantenoptik à Garching, Allemagne, dans le groupe de Tobias Kippenberg. Ses travaux en optomécanique quantique (génération d’état non classique du mouvement par couplage entre nano-oscillateur mécanique et micro-résonateur optique, transparence induite optomécanique, …) et sur la génération de peignes de fréquences optiques dans des micro-résonateurs à mode de galerie sont très fortement cités et reconnus par la communauté internationale.

Depuis son recrutement au CNRS, Olivier Arcizet a infléchi son projet vers la nano-optomécanique quantique. Ses recherches, originales et ambitieuses, soutenues entre autres par une Starting Grant de l’ERC depuis 2012, ont pour but d’aller au-delà de l’obtention et de la caractérisation de nano-oscillateurs mécaniques ultra-froids, en cherchant à leur communiquer une nature et des comportement non classiques par le biais d’un couplage fort, magnétique, optique, etc. avec un système quantique externe adéquat (centre NV coloré unique, boite quantique, …). Un des objectifs est de se placer dans un régime où les fluctuations de l’oscillateur puissent être gouvernées par le faisceau sonde qui sert à les mesurer. Cela définit une nouvelle classe de systèmes nanomécaniques quantiques « hybrides » pour lesquels il développe avec brio un ensemble de techniques de mesures optiques et spectroscopiques ultra-sensibles. Ces développements se situent au premier plan international et ont permis à Olivier Arcizet, par exemple, d’effectuer la première observation d’un triplet de Mollow phononique ou de mettre en évidence la modulation, par couplage par contraintes dynamiques, de l’énergie de boites quantiques uniques intégrées dans des nano-résonateurs mécaniques.

Les recherches d’Olivier Arcizet, récompensées notamment par une médaille de bronze CNRS en 2013, ont donc largement contribué, au plus haut niveau mondial, à l’émergence de la nano-optomécanique quantique, thème dont il a fait partie des précurseurs et qui est actuellement très foisonnant internationalement. Plusieurs concepts scientifiques de grande originalité et plusieurs premières mondiales sont à son actif. A 37 ans, il bénéficie déjà d’une reconnaissance et d’une renommée internationales incontestables. La particularité et le point fort d'Olivier résident dans sa démarche d’expérimentateur extrêmement pointu et rigoureux, sachant remarquablement établir et démontrer des concepts sortant des sentiers battus sur le plan fondamental.

Par ce prix Aimé Cotton 2016, la SFP tient à valoriser et encourager les qualités remarquables de ce physicien inventif, dynamique, sachant appréhender toute la complexité et la délicatesse des nanosystèmes hybrides qu’il développe.

 

Le Jury 2016

Daniel Comparat

Olivier Dulieu

Sophie Kazamias

Hervé Maillotte (président de séance)

Fabien Quéré

Philippe Roncin

 

Les précédents lauréats 

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