Le 11 février 2016 sera une date importante dans l'Histoire des Sciences, avec la publication dans la revue "Physical Review Letters" de la détection par les collaborations scientifiques LIGO et VIRGO d'ondes gravitationnelles dues à la coalescence lointaine de deux trous noirs très massifs.

C'est un travail collaboratif de plus de vingt ans, rassemblant 136 équipes et institutions d'une vingtaine de pays à travers le monde. De nombreux laboratoires français y ont participé à travers VIRGO, un grand interféromètre laser situé à Pise, né des idées visionnaires d'Adalberto Giazotto et Alain Brillet (ARTEMIS-CNRS).  Le Laboratoire des matériaux avancés à Villeurbanne a fourni les miroirs à la fois à la collaboration VIRGO (les européens) et à la collaboration LIGO (les américains). Ces miroirs sont très pointus en matière de qualité de réflectivité : seulement environ une part par million de la lumière est perdue à chaque réflexion. C'est une contribution française décisive dans ce domaine au niveau mondial. La contribution de l'école française de la gravitation relativiste impulsée par Thibaut Damour (IHES) pour décrire de manière analytique les phénomènes de coalescence a été elle-aussi fondamentale.

Tout comme l'Académie des Sciences, la Société Française de Physique salue la naissance d'une nouvelle astronomie : "Une nouvelle fenêtre s'ouvre sur l'Univers. un siècle après leur prédiction par Einstein des ondes gravitationnelles en provenance de l'Univers lointain viennent d'être détectées sur Terre, apportant pour la première fois une preuve directe de l'existence des trous noirs"*.

Les moissons scientifiques ont été exceptionnellement fructueuses ces trois dernières années pour la compréhension des lois fondamentales de l'Univers. Cette avancée majeure apporte la pièce manquante dans l'édifice de la théorie de la gravitation d'Einstein. Avec les autres découvertes récentes, le boson de Higgs et les observation du fond cosmologique par le satellite Planck, l'humanité atteint un nouveau palier de la connaissance dans la compréhension du monde quantique et du monde de la gravitation. Les bases théoriques et les bases expérimentales et technologiques forment un socle scientifique solide pour aller plus loin et tenter de répondre aux nouvelles questions qui surgissent suite à ces découvertes.

 

Michel Spiro,

Président de la Société Française de Physique

 

Pour revoir la conférence de presse du CNRS - 11 février 2016, de 16h20 à 17h30 :

http://webcast.in2p3.fr/videos-point_sur_les_recherches_dondes_gravitationnelles_par_les_collaborations_virgo_et_ligo