Avec la participation de la Commission Physique sans frontière de la SFP.

Expo ? Expérience ? Atelier ? La nouvelle initiative de l’Espace des sciences Pierre-Gilles-de-Gennes, centre de culture scientifique de l’ESPCI Paris, est un peu tout cela à la fois. Aujourd’hui, le visiteur ne verra pas la même chose qu’hier ni que demain. Mieux, il peut lui-même contribuer à enrichir le lieu. Ce principe un peu étrange colle bien à la philosophie du thème choisi, la science frugale, ou low high tech, ou encore « expérience faite maison ». Autrement dit l’art et la manière de fabriquer des instruments scientifiques à bas coût en mêlant ingéniosité, matériel recyclé et composants électroniques.

D’abord imaginé pour les pays en voie de développement, le mouvement s’étend en fait partout, soit pour l’éducation, soit pour aider des personnes handicapées par exemple. Bas coût ne veut pas dire au rabais : bon nombre des réalisations présentées ont été publiées dans des revues scientifiques.

La visite commence par deux tableaux noirs « d’autopsie » de matériel commun, le lecteur de CD et le disque dur d’ordinateur. Y sont accrochés tels des trophées lentilles, lasers, aimants, moteurs, fils, engrenages, boîtier… qui serviront à bien d’autres choses. « Comme dans le cochon, tout est bon », constate François Piuzzi, commissaire de l’exposition, ancien chercheur du CEA et actif au sein de la Société Française de Physique, partenaire de l’initiative.

Des ateliers

Sur sept tables sont disposés plusieurs ­modèles de microscopes, des centrifugeuses, une pipette pour doser des fluides, un stéthoscope… Des cartels et des QR codes expliquent les instruments et leurs inventeurs. Des associations, actives dans la promotion de ce mouvement, sont présentées : TReND in Africa (équipements pour universités), GynePunk (mallette d’analyse de fluides corporels), E-fabrik (amélioration du quotidien des handicapés), Woelab (FabLab togolais)… Des projets plus ambitieux, en chantier, sont décrits : un spectromètre pour identifier des composés chimiques ou une pince optique pour piéger des molécules.

Un film rappelle le lien avec les recherches et la philosophie du Prix Nobel Pierre-Gilles de Gennes, spécialiste d’expériences modestes. Le smartphone est roi, pour les interfaces et les logiciels d’analyse, mais aussi l’imprimante 3D ainsi que les mini-ordinateurs, Arduino et Raspberry Pi. L’ensemble est évidemment fort restreint en terme muséographique, mais sans doute très stimulant pour l’esprit.

Des ateliers ont déjà permis d’enrichir en instruments l’exposition, comme la transformation d’une webcam en microscope ou la détection de piqûres de tiques. D’autres suivront ainsi que des conférences ou soirées spéciales. Jusqu’à la destruction finale, en juin, où il s’agira de réfléchir à « jeter proprement cette expo ».

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